Un second élan

Publié le par Travailleurs Sans-papiers de Bordeaux

 

Mobilisation en région parisienne
depuis le 10 octobre 2009
 
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Publié le 13/10/2009 à 20:16 Le Point.fr

IMMIGRATION

Grève de sans-papiers pour réclamer une régularisation égale pour tous

AFP

Quelque 1.700 salariés sans-papiers se sont mis en grève en Ile-de-France et occupaient mardi une trentaine de sites, avec le soutien d'un front syndical et associatif élargi qui dénonce "l'arbitraire préfectoral" dans l'examen des dossiers de régularisation par le travail.

 

Alors que le gouvernement refuse toujours toute régularisation massive, une loi de 2007 a ouvert des possibilités d'obtention d'un titre de séjour, valable un an et à renouveler, pour certains métiers et selon certains critères. Or, constatent plusieurs syndicats (CFDT, CGT, FSU, Solidaires, Unsa) et associations (Cimade, Ligue des droits de l'homme, RESF, Femmes Égalité, Autremonde, Droits devant), "le traitement de chaque dossier de salariés est loin d'être similaire selon les départements, et même entre des salarié(e) de situation parfaitement identique, y compris au sein d'une même entreprise".

 

Le grief fait au gouvernement, exposé dans une lettre commune adressée au Premier ministre début octobre et sans réponse à ce jour, est de "ne pas faire appliquer les textes qu'il a lui-même édictés", selon Francine Blanche (CGT). "Ça bloque de partout, il faut une circulaire", a-t-elle insisté lors d'un point presse, citant le cas de "300 salariés rentrant dans les critères, dont la liste a été remise en mai et qui n'ont toujours pas été convoqués en préfecture, tandis que d'autres sont menacés d'expulsion malgré un examen en cours de leur dossier". "Dans les Yvelines, la préfecture bloque sur les aides à domicile alors qu'à Paris, ça s'est un peu ouvert. Sur une dizaine de dossiers, on a obtenu la régularisation d'une Béninoise..., c'est tout juste s'ils ne nous ont pas présenté ça comme un cadeau", a témoigné Daniel Richter de l'Union départementale CFDT 78.

 

La fédération patronale des travaux publics prise pour cible

 

Mardi soir, selon les organisateurs, 1.700 salariés sans-papiers, la plupart originaires d'Afrique de l'Ouest, avaient rejoint le mouvement, squattant notamment des agences d'intérim proche de la gare Saint-Lazare, les locaux d'une société de nettoyage, un chantier du tramway et tout le rez-de-chaussée de la fédération patronale des travaux publics (FNTP) près des Champs-Élysées.

 

Dans un communiqué, le ministre de l'Immigration, Éric Besson, a annoncé vouloir "faire procéder à une comparaison des résultats enregistrés dans chaque département". À charge ensuite pour ses services "de lui proposer, si nécessaire, toute démarche utile afin d'assurer une plus grande harmonisation". Lors de leur point presse, syndicats et associations ont tenu à souligner que la question des sans-papiers dépassait le cas de quelques patrons voyous.

 

Symboliquement, les journalistes étaient conviés dans un dépôt de la RATP, dont un sous-traitant, la société Asten, chargée de la réfection des quais de métro, a été accusée d'employer des intérimaires sans-papiers pour du travail de nuit effectué dans des conditions dignes du tiers-monde. Vingt-trois d'entre eux, Maliens, Mauritaniens ou Sénégalais, âgés de 29 à 50 ans et en France depuis 1999 pour certains, ont présenté des images tournées au téléphone portable, les montrant charriant dans les escaliers d'une station de métro des plaques de bitumes usagés, pesant 50 kg selon l'un d'eux et portées à l'épaule ou à même la tête. La régie publique a réagi dans un communiqué, déclarant qu'"à sa connaissance, aucun salarié travaillant sur ses sites n'était en situation irrégulière" et rappelant faire travailler "plus de 5.000" fournisseurs.

 

En 2008, la CGT avait lancé un premier mouvement de grèves de sans-papiers, déjà avec le soutien de la CFDT, absente des piquets de grève collectifs, mais se battant sur des dossiers individuels et se heurtant aux mêmes blocages.



Communiqué de l'association
DROITS DEVANT !!
 le 13 octobre 2009




SAMEDI 10 OCTOBRE :

10.000 TRAVAILLEUR(E)S SANS-PAPIERS MANIFESTENT A PARIS

LUNDI 12 OCTOBRE :

1300 TRAVAILLEUR(E)S SANS-PAPIERS LANCENT UN NOUVEAU MOUVEMENT DE GREVE DANS 28 ENTREPRISES

MM. SARKOZY- FILLON-HORTEFEUX : MAINTENANT, IL FAUT UNE REGULARISATION GLOBALE

Tous les sans-papiers installés en France travaillent, c’est désormais une réalité qu’une majorité de l’opinion publique a compris, notamment depuis le premier mouvement de grève de travailleur (e)s sans-papiers lancé le 15 avril 2008 par la CGT et Droits devant !!, qui a permis aujourd’hui la régularisation de plus de 3000 d’entre eux.

Les sans-papiers travaillent dans diverses conditions :

- Déclarés et travaillant (sous leur propre nom ou celui d’un alias) à plusieurs dans une même entreprise, notamment le BTP, la restauration, le nettoyage, l’intérim…

- Déclarés et isolés dans leur entreprise

- Isolés et travaillant « au noir », particulièrement les dizaines de milliers de femmes de l’Aide à la Personne ou les travailleurs sans-papiers Algérien(ne)s exclus de la régularisation par le travail.

Ces différents cas représentent la quasi-totalité des quelques 400.000 à 500.000 sans-papiers vivant, travaillant et, pour le plus grand nombre, cotisant en France, armée de réserve inépuisable qui alimente les « délocalisations sur place », mise en compétition pour saper les acquis sociaux des salariés français.

Il est plus que temps de mettre fin à ce marché aux esclaves moderne, véritable injure à un état dit de droit.

Dans le sillage des offensives d’hier et celles d’aujourd’hui, il est désormais certain que la révolte de ces « damnés de la terre » est en marche et que rien ne saura l’endiguer, à commencer par les contorsions médiatiques et les effets de menton de Besson and co.

L’opinion publique a progressivement compris que cette chasse et cette surexploitation des travailleurs sans-papiers n’étaient que démagogie électoraliste et hypocrisie pour tenter d’estomper une faillite sociale qui jette aujourd’hui dans la précarité et l’exclusion des milliers de citoyens.

Les travailleurs sans-papiers n’accepteront plus d’être les boucs émissaires privilégiés d’un gouvernement en mal de légitimité.

Aussi, les mobilisations vont encore s’amplifier à Paris, en Ile de France, en province pour obliger le gouvernement à prendre la seule et unique mesure qui mette un terme à ce combat commencé il y a 14 ans : la régularisation globale, dans l’égalité des droits, des travailleur(e)s sans-papiers.



La lettre au premier ministre

 

Monsieur François Fillon
Premier Ministre
Hôtel Matignon
57 rue de Varenne
75700 Paris

 

Paris, le 1er octobre 2009

 

Monsieur le Premier Ministre,

 

Le 29 avril 2008, plusieurs organisations signataires de ce courrier (CGT, CFDT, LDH, Cimade) s’étaient adressées à vous suite à la grève engagée le 15 avril 2008 par de nombreux travailleurs immigrés "sans papiers".

 

Vous leur aviez répondu, par un courrier du 6 mai 2008, que "le travail de concertation avec les organisations syndicales et les associations qui accompagnent ces demandeurs de papiers devait être développé pour trouver la meilleure solution possible pour les travailleurs concernés". Et vous poursuiviez en écrivant qu’il fallait "laisser à la loi le temps nécessaire pour trouver son application..." et que vous ne manqueriez pas " de faire examiner toutes les propositions" qui pourraient vous " être faites au vu des résultats de cette politique".


Nous pensons que ce temps est venu.

 

Comme vous le savez, ces salarié(e)s font bien souvent le travail que personne ne veut faire dans les conditions qu’ils subissent. La plupart de ces salarié(e)s cotisent partout, paient leurs impôts mais ne bénéficient d’aucun droit social. Ils ne prennent le travail de personne.

 

Nos organisations syndicales et associations sont impliquées dans la régularisation des travailleurs et travailleuses sans papiers, particulièrement en application de l’article 40 de la loi du 20 novembre 2007. Des discussions ont été menées avec les différents ministères depuis plus d’un an.

 

Nous sommes aujourd’hui obligés de constater que des "blocages" persistent, voire grandissent, quant à l’application même des textes ministériels relatifs à la prise en compte de cette réalité économique. De façon générale, nous constatons que le traitement de chaque dossier de salarié(e) est loin d’être similaire selon les départements et même entre les salarié(e)s de situation parfaitement identique, y compris au sein d’une même entreprise, cela alors que nous vivons tous dans la même république. D’autre part, des discriminations graves persistent selon la nationalité des salarié(e)s employé(e)s pour un même travail, notamment contre les Algériens et les Tunisiens. Et le secteur des "services à la personne" continue d’être traité au "goutte à goutte" malgré les besoins immenses que connaît notre pays.

 

C’est pourquoi, nous vous demandons que soit éditée une circulaire de régularisation des salarié(e)s, qui permette d’en finir avec ces blocages et ces discriminations constatées.

 

Cette circulaire doit définir des critères améliorés, simplifiés, appliqués dans l’ensemble du territoire national. Elle doit garantir une égalité de traitement de chaque salarié(e) quel que soit son lieu de travail et à l’intérieur d’un même lieu de travail. Elle doit définir une procédure de régularisation sécurisée et standardisée quel que soit le département.

 

Dans cette attente, nous vous adressons, Monsieur le Premier Ministre, l’assurance de notre parfaite considération..

 

Pour la CGT, Bernard THIBAULT, secrétaire général

 

Pour la CFDT, Jean-louis MALYS, secrétaire national

 

Pour l’Union Syndicale Solidaires, Annick COUPE, secrétaire générale

 

Pour la FSU, Gérard ASCHIERI, secrétaire général

 

Pour l’UNSA, Jean GROSSET, secrétaire général adjoint

 

Pour la Ligue des Droits de l’Homme, Jean-Pierre DUBOIS, Président

 

Pour la CIMADE, Patrick PEUGEOT, Président

 

Pour le Réseau Education Sans Frontières, Clotilde MAILLARD

 

Pour Femmes Egalité, Ana AZARIA, Présidente

 

Pour Autremonde, Jérôme MUSSEAU, Président

 

Pour Droits devant !!, Jean-Claude AMARA

 

Publié dans Actualité

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