Travailleurs avec et sans papiers pour une lutte commune contre la régression des conditions de travail

Publié le par Travailleurs Sans-papiers de Bordeaux

(dernière révision le 8 novembre 2009)

 

En tant que non-spécialiste de la problématique du travail, il m'a été proposé de préparer et d'émettre un discours lors d'un débat dans le cadre de la journée Planête Bassens (agglomération bordelaise) intitulé « Travailleur avec ou sans papier : Quelles solidarités face à la mise en cause des droits fondamentaux ? » Il s'agissait de l'orienter sur l'angle de la régression des conditions de travail. En tant que personne engagée pour la cause des sans-papiers et tant que travailleur informaticien, je pense que la question de l'organisation du travail comme fondamentale pour attaquer ce thème. Dés les années 70, une restructuration de l'activité économique va transformer les relations entre les entreprises et entre les salariés à tous les niveaux aussi bien hiérarchiques qu'au sein des services et postes de travail. Ces changements vont lourdement affecter les conditions de travail. Les travailleurs sans-papiers(1) sont un chaînon de ce système et leur situation constitue le cas extrême de cette nouvelle organisation du travail. Il s'agit de présenter ici une approche très synthétique qui ne demande qu'à être approfondie et développée.

 

 

SUR LE PRINCIPE DE LA CONCURRENCE : En juin 1967, Pompidou, alors premier ministre de la république française annonce la couleur dans un entretien télévisé(2) «depuis 50 ans les français étaient tranquilles ... il n'y avait pas de concurrence … les français doivent vivre dans la préoccupation permanente. Il s'agit de dire qu'ils sont toujours menacés par la concurrence, qu'il faut toujours qu'ils fassent mieux, qu'ils produisent à meilleur compte … c'est cela la seule raison d'être du Libéralisme … Nous serons donc en risque permanent et l'Etat en est parfaitement conscient. Son rôle est de diminuer les risques parfois mais son rôle n'est certainement pas d'inviter les français à la paresse en leur créant de nouvelles protections »

 

UNE NOUVELLE ORGANISATION DU TRAVAIL : Trois phénomènes vont avoir des conséquences considérables sur l'organisation du travail :

- l'expansion mondiale de la circulation des marchandises

- 'internationalisation des échanges financiers

- l'arrivée de l'informatique qui va permettre notamment de contrôler à distance et en temps réel tout les processus de production de l'entreprise ainsi que le travail des salariés


Cela va permettre l'apparition d'une nouvelle forme de restructuration des entreprises appelée production en « Flux tendu » appliquée au départ au secteur automobile(3). Elle repose sur l'externalisation de la production (sous-traitance et délocalisation) et la réponse immédiate à la demande du client (qui est consommateur, ou donneur d'ordre dans le cas de la sous-traitance). Cette organisation va se généraliser dans l'industrie à partir des années 80 puis, dès les années 90, dans le domaine des services et du secteur terciaire. Dans ce dernier cas, il ne s'agira plus de gérer des flux de production mais des flux client (ex : files d'attente dans un fast food(4) ou un supermarché, flux d'appel téléphonique lors du plantage de la connexion ADSL chez un Fournisseur d'Accès Internet, file d'attente des patients pour passer une radio dans un hôpital(5), …) Le flux tendu est appliqué aujourd'hui dans la plupart des grandes entreprises et dans une moindre mesure dans les PME (Petites et Moyennes Entreprises de 10 à 250 salariés).

 


 

Les différentes formes

de sous-traitances et de délocalisations

 

LA SOUS-TRAITANCE CLASSIQUE. Il s'agît de déléguer une partie de la production à une autre entreprise en instituant une relation client-fournisseur. Par exemple, un constructeur automobile délègue la fabrication des sièges de voiture à un sous-traitant qui lui-même sous-traitera peut être la fabrication des ossatures du siège. On parle alors de sous-traitance en cascade. Selon l'économiste Gilles Le Blanc(6), la sous-traitance en cascade « a cependant un double inconvénient : d'une part, il réduit les sous-traitants dits de rang 2, 3 ou 4 à un simple rôle d'exécutant sur plan sans participation aux phases de conception et d'innovation ; d'autre part, il privilégie une circulation de l'information descendante et compartimentée, privant le sous-traitant en bout de chaîne d'une interlocution directe avec le constructeur pour discuter d'investissement, d'innovation ou d'organisation industrielle. »

 

LE DICTAT DES DONNEURS D'ORDRE. Le fournisseur sous-traitant doit livrer au client donneur d'ordre dans les délais imposés. Le donneur d'ordre en amont de la chaîne a tendance à se comporter en dictateur face à ses fournisseurs. C'est l'exemple d'une PME informatique toulousaine qui comme tant d'autres petites entreprises de la ville n'a que AIRBUS comme client. Ce dernier lui envoie la commande de la conception d'un logiciel sur mesure. Une semaine avant la date butoir de livraison, le grand compte se permet de remodifier le cahier des charges sans changer les délais. Au résultat, les employés du sous-traitant vont devoir travailler jours et nuits et leur entreprise va prendre des pénalités de retard. La sous-traitance est un moyen de pression sur des salariés qui ne font pas parti de la société donneuse d'ordre. C'est un moyen pour cette dernière d'échapper à des conventions collectives qui sont plus avantageuses pour les salariés qu'elle emploie directement.

 

LA FAUSSE SOUS-TRAITANCE. Au sens de la loi française, le sous-traitant doit fournir un apport nouveau de technologie au donneur d'ordre(7). Le système de sous-traitance est tellement avantageux pour le donneur d'ordre qu'il recourt parfois à de fausses sous-traitances. C'est le cas d'un groupe sidérurgique mondial(8), qui emploie, sous couvert d’une société de nettoyage, des pontiers. Ces derniers auraient bénéficié d'une convention collective beaucoup plus avantageuse s'ils avaient été employés par le grand groupe. Le jour où celui-ci n'a plus besoin de ponteur, il lui suffit alors de rompre le contrat de sous-traitance. La fausse sous-traitance peut aussi servir à contourner les normes nationales et internationales de qualité et de sécurité(9). C'est aussi un moyen pour le donneur d'ordre de s'affranchir du personnel qualifié qui peut se permettre de contester les nouvelles méthodes de management (voir plus loin).

 

LES  DELOCALISATIONS : Mais pour tenir les prix qui leurs sont imposés par la concurrence, des grandes et moyennes entreprises vont devoir outrepasser le droit du travail pour pouvoir utiliser une main d'œuvre ultra-flexible et peu coûteuse, celle des pays pauvres. On peut considérer la délocalisation comme une forme de sous-traitance dans la mesure où il y a transfert d'activité et d'emploi. Les délocalisations vont se généraliser à partir des années 80, elles vont toucher le secteur de l'informatique (conception de logiciels) dans les années 2000 puis le secteur des services (selon le rapport 2005 de l'Inspection Générale des Affaires Sociales(10)). Récemment, on voit des entreprises qui malgré l'augmentation annuelle de leur profit, vont être délocalisées. Ces entreprises ont été souvent rachetées par des grands groupes (exemple : MontRouge (Matériel électrique) par Areva(11), Kleber (pneus) par Michelin, ...) pour sous-traiter une partie de leur production et services puis être finalement délocalisées(12). La rentabilité ne satisfait jamais assez les dirigeants et les actionnaires.

 

CONSEQUENCE DES DELOCALISATIONS :

- licenciements massifs non compensés et donc chômage massif (dans une entreprise puis ses sous-traitants)

- mise en concurrence avec les travailleurs des pays pauvres qui entraîne un nivellement du droit du travail vers le bas

- la délocalisation peut être utilisée comme une menace et donc comme un moyen de pression sur les conditions de travail

 

ASCENSION D'UNE PRECARITE GENERALISEE. L'augmentation du chômage va permettre au patronat d'avoir une réserve de main d'œuvre toujours disponible que l'on peut utiliser occasionnellement selon les besoins notamment par le biais des agences d'Interim et des sous-traitants chargés de fournir de la main d'oeuvre spécialisée. Il s'agît aussi d'employer une main d'oeuvre jetable dans les métiers pénibles (ex : Fast Food(13)) et à risque (ex: les nomades du nucléaire(14)), le « turn over » (renouvellement des embauches) étant assuré . Tout cela concerne les emplois précaires qui ne cessent de se multiplier, si bien qu'en 2007 seulement 64,4% des emplois sont fixes. Plus de 60% des salariés en CDD et 35% des intérimaires ont moins de 30 ans(15). Une jeune personne qui démarrerait sur le marché du travail par un CDI en reviendrait vite à réclamer des hausses de salaire voire à se syndiquer et à faire grève pour cela.

 

DELOCALISATIONS SUR PLACE. La délocalisation a un coût (installations de nouvelles usines, formations de nouveaux employés, « exportation » de cadres, ...). De plus, il y a des secteurs d'activité à forte main d'oeuvre qui ne sont pas délocalisables : bâtiment, nettoyage, services à la personne, hôtellerie, restauration, et agriculture saisonnière. Évidemment, un chantier du bâtiment doit être là où l’immeuble sera habité, un restaurant doit être là où se trouvent ses clients, les services à la personne ont lieu là où habitent les personnes et l’agriculture saisonnière se situe là où sont les champs. Comme par hasard, ce sont les secteurs qu'occupent la plupart des travailleurs sans-papiers. Le recours au travail des étrangers en situation irrégulière permet ainsi de reconstituer en France les conditions qui sont celles de la main-d’œuvre dans les pays du Tiers-Monde : bas salaires, absence de congés, de protection sociale et de droits syndicaux, mise en danger de la santé des travailleurs, temps de travail excessifs, ...(16)

La charte du BTP prône la vigilance sur les prix des offres de sous-traitance « notamment les prix trop bas qui ne permettent pas d'exécuter la prestation dans le respect des obligations sociales »(17) C'est dire si n'importe quel gestionnaire est sensé savoir quand il va indirectement employer des sans-papiers. En fait, les responsabilités des employeurs sont diluées dans une chaîne de sous-traitance en cascade au bout de laquelle se retrouve l'emploi des sans-papiers.

Une autre forme de délocalisation sur place consiste « à passer des accords de recrutement de main-d’oeuvre avec des entreprises implantées en France et filiales souvent très fragiles, sinon - fictives, de firmes étrangères »selon le rapport 2005 de l'IGAS(18)

 

LA POSITION DE L'ETAT Des sous-traitances aux délocalisations en passant par la précarisation du travail, l'Etat cautionne ce démantèlement du droit du travail.


Au niveau des sans-papiers :

- l'Etat emploie indirectement ces derniers dans les grands travaux publics, à Bordeaux, la construction du tramway, la rénovation des quais, la réparation du parking Victor Hugo, …, et ailleurs, la construction de l'Arche de la défense, du Stade de France, du viaduc de Millau, …

- En expulsant une minorité des sans-papiers, l'Etat maintien non seulement une majorité dans la peur mais aussi il entretient à disposition des entreprises par les biais de l'interim et de la sous-traitance un volant de main d'œuvre renouvelable et jetable(19).

- La carte de un an renouvelable pour les travailleurs régularisés, même pour ceux qui sont en CDI, est comparable à un contrat précaire. Lors de son renouvellement, le fait de prouver son travail par les fiches de paie lie les régularisés à leur patron. En cas de fin de contrat ou de licenciement, le régularisé est poussé à accepter n'importe quel nouveau travail du fait de ne pas voir sa régularisation renouvelée. Sa vulnérabilité peut permettre à l'employeur de lui faire accepter les conditions de travail de la période où il était sans papier. De plus, il faut attendre 12 mois pour avoir droit au forfait téléphone portable ou aux allocations logement APL(20).


Au niveau de l'ensemble des travailleurs :

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      - L'Etat crée des contrats précaires qui vont en plus exonérer les patrons de charges sociales : Revenu Minimum d'Activité(RMA), Contrat d'Avenir, Contrat Nouvelle Embauche(CNE), tentative du Contrat Première Embauche(CPE), système du Revenu de Solidarité Active(RSA).

       

    • - Il instaure la recodification du code du travail appliquée depuis mai 2008, qui remet en cause la stabilité des revenus et des cotisations sociales, la sécurité de l'employé sur le lieu de travail, le rôle des prud'hommes et de la grève dans la gestion des conflits, qui justifie la précarité des jeunes et met l'inspection du travail sous tutelle du ministère de l'immigration dans le cas du contrôle du travail illégal(21).

 


Les techniques de

management par la peur


 

AUGMENTATION DES CADENCES : A l'origine, l'organisation en flux tendu fut initiée dans le secteur automobile. La méthode des flux tendus est au départ une méthode logistique visant avant tout à réduire au minimum les stocks. L'entreprise doit répondre à une demande (du consommateur ou du donneur d'ordre dans le cadre de la sous-traitance) qu'il faut satisfaire immédiatement. La production du produit est démarrée une fois la commande passée par le client. Il n'est plus question de stocker les voitures fabriquées dans des entrepôts car le stockage a un coût pour la trésorerie de l'entreprise et il engendre un risque de détérioration des stocks. De plus, on a l'assurance que tous les produits sont vendus (puisqu'ils correspondent à la demande). Tout cela nécessite une grande coordination entre les fournisseurs , entre les ateliers de l'entreprise mais aussi entre les salariés d'un atelier. Pour ces derniers, l'activité est optimisée de manière à avoir toujours quelque chose à faire et cela le plus rapidement possible Cela va de la dispositions des outils à portée de main et de l'agencement des ateliers à l'utilisation de l'informatique. Pour maintenir le flux en permanence, les ouvriers n'ont plus de temps morts pour pouvoir « souffler » un peu même lors de périodes de moindre affluence de la demande. Le côté pervert est qu'ils sont vivemement incité à prendre l'initiative de puiser dans leur intelligence et leur créativité pour optimiser la chaîne de production(22); ce qui sur le moment les met en valeur mais, à long terme, risque de les ammener à leur propre fin car l'entreprise devenant plus productive a de moins en moins besoin de personnel ! (45) Lors de licenciements importants, ceux qui restent se voient leur charge de travail accrue !


LE STRESS On doit pouvoir produire à la demande et l'on doit connaître en temps réel l'état de la production. Une pièce défectueuse, un retard dans les livraisons, un aléa mal maîtrisé peuvent gripper tout le système. Cette fragilité de la chaîne de production génère un sentiment d'insécurité permanent. Comme la réalité génère toujours des imprévus qui déroutent n'importe quelles prescriptions et planifications mêmes les plus savamment pensées, les employés vont vivre dans un stress constant. En cas de panne d'une machine ou tout autre problème imprévisible, les techniciens doivent prendre des heures supplémentaires pour résoudre le problème survenu. Pour surmonter les imprévus, le technicien, l'ouvrier, l'ingénieur doivent faire preuve d'une inventivité redoutable pour trouver l'astuce qui va transgresser un mode opératoire imposé et incapable de faire face à une situation survenue.

Et d'ailleurs, si l'imprévu n'existait pas, il y aurait longtemps que l'on aurait remplacé les employés par des robots. Pourtant, le Flux tendu part d'une approche selon laquelle la source de la richesse serait la gestion et non pas le travail. Pour faire du profit, il ne faudrait plus améliorer la qualité et la productivité des produits. Il faudrait faire des économies sur les stocks et les pannes. Cette idée s'est aujourd'hui propagée dans le monde de l'entreprise. Dans un soucis de pouvoir tout contrôler, la direction de l'entreprise en flux tendu aligne le management du personnel sur des objectifs de gestion. Elle procède régulièrement à des évaluations des performances de chaque employé selon une vision quantitative du résultat. On prend en référence l'employé qui produit le plus. On examine ses méthodes et l'on demande au reste du personnel de s'aligner sur lui. Ensuite, on demandera au référent de produire encore plus, de se surpasser; ce qu'il peut être tenté de faire étant mis en valeur ou ce qu'il est parfois obligé de faire sous la menace de la concurrence d'un autre employé ou d'une mise à l'écart(45) .


LES CLOISONNEMENTS En fait, le salarié a très peu de marge de manœuvre. La hiérarchie a une ignorance des difficultés réelles car pour elle, seul le résultat compte. Pour accentuer cette distance, le service de direction des ressources humaines a été mis en place. D'ailleurs on cloisonne au maximum les postes de travail, les services et les niveaux hiérarchiques pour que chacun soit en obligation de résultat envers l'autre. Ainsi, ces conditions de travail affectent tous les niveaux de qualification même les cadres et les cadres supérieurs jusqu'au patron de l'entreprise qui a des obligations face à ses actionnaires. En bas, de l'échelle, les obligations de résultat sont affectées à un groupe de travail. Ce qui conduit chaque membre du groupe à faire pression sur ses pairs pour atteindre les objectifs fixés(22).

 

LES RIVALITES Ainsi, les salariés vivent dans la peur de ne pas réussir mais aussi dans la peur de l'exclusion et du chômage. « Aujourd'hui, la concurrence, les rivalités - attisées par la permanence d'un fort taux de chômage - sont telles entre les individus que les conduites déloyales (rétention d'information, mensonges, crocs-en-jambe...) se multiplient. Les salariés n'osent même plus se regarder en face; la méfiance s'est installée partout, dans les bureaux comme dans les ateliers. Pourtant, chacun s'emploie à sauver les apparences. » explique Christophe Dejour, psychanalyste des conditions de travail depuis plus de 30 ans(23).


REPRIMANDES La direction effectue régulièrement une évaluation individuelle des comportements et des compétences de chaque salarié. Cette mise sous contrôle plonge les salariés dans un système qui exclut en particulier l’activité syndicale et la revendication. Les contestataires et les non complaisants (car il ne s'agît plus que le travailleur soit soumis mais qu'il soit zélé !) subissent le harcèlement moral des supérieurs par divers procédés comme la « mise au placard », l'affectation de tâches ingrates, la démission de responsabilités,...(24) D'autres méthodes s'appliquent à une équipe : la création de climat de suspicion et d'intrigue par favoritisme arbitraire de certains et la création de climat d'angoisse par acharnement sur un salarié ... Le harcèlement moral au travail (qui existe au moins depuis que l'esclavage existe soit le début de l'Antiquité) n'est reconnu en France que depuis 2004. Les principes de ces pratiques sont même parfois décrites dans des livres de management sous forme édulcorée.


« Comment expliquez-vous que les actifs acceptent de se soumettre à un système aussi pervers? » demande un journaliste au psychanalyste Christophe Dejours(25). « Parce qu'ils n'ont d'autre choix que de démissionner ou de participer. D'un côté, il y a ceux qui infligent la souffrance, accroissant les cadences, proférant des menaces de licenciement. De l'autre, tous ceux qui subissent cette violence mentale sans se révolter. Mais ce jeu de rôle génère, chez les victimes comme chez les bourreaux, une profonde souffrance éthique. Pour remédier à cette détresse, ils élaborent des stratégies de défense destinées à anesthésier leur conscience morale. » A ce stade, l'employé veut devenir indifférent à sa propre souffrance et à celle des autres.


LA SOUFFRANCE ETHIQUE, c'est le fait de ne pas avoir le plaisir de faire un travail de qualité, c'est faire souffrir les autres ou se soumettre à la persécution des autres que ce soit sous la menace de la direction ou par endoctrinement d'une idéologie de la concurrence et d'une guerre économique mondiale où chacun se sent seul contre tous, où tout les coups sont permis et chacun fait « chacun pour soi »(26).

C'est aussi se soumettre à des compromissions. Le psychanaliste du travail Lise Gaignard donne quelques exemples précis(27) :

« - Un ingénieur de haut niveau endurait depuis longtemps qu'on falsifie des rapports concernant la sécurité environnementale dans les entreprises, du moment que ce n'était pas lui qui en signait la version finale.

- Un employé de service des eaux couvrait, comme tout le reste du personnel, les malversations financières effectuées par les administrateurs, la contrepartie étant que les postes étaient sauvegardés malgré le manque presque total de travail.

- Une infirmière de la maison d'arrêt se taisait quand le médecin lui demandait de donner les horaires de TGV aux patients suicidaires « pour ne pas disait-il qu'ils se ratent, ces bougnoules », cela bien sur devant les patients.

- Un haut responsable de la protection de l'enfance met en place un schéma départemental qu'il réprouve.

- Une secrétaire d'association caritative trie les pauvres qu'on conviendra d'aider suivant des critères raciaux et électoraux

- Un agent d'assurances se fait l'essentiel des primes en vendant des assurances-vie à des personnes âgées qui n'en ont absolument pas besoin à son avis à lui …

-Une juriste de cabinet de contentieux couvre la « perte » stratégique de pièces de dossiers de clients gênants. »

En ce sens, on peut noter aussi l'apparition du Ministère de l'Immigration qui s'infiltre dans les organismes d'Etat dépendant d'autres ministères pour imposer des pratiques illégales. Il pousse la police au contrôle au faciès(28) et incite les employés de la préfecture(29), du pôle-emploi(30), de la poste(31), de la CAF(32), des écoles(33), ... à la délation des sans-papiers. Tout cela crée de la souffrance éthique chez les employés de l'Etat.

 

 

SUICIDES Les diverses souffrances engendrées par les techniques de management par la peur mènent parfois aux suicides des employés, phénomène récent selon la médecine du travail(34). Par extrapolation, explique Jean-Claude Delgenes(35), un expert du stress au travail, le nombre de suicides "professionnels" pourrait être estimé au minimum à 500 à 600 par an. Il rappelle que de nombreux suicides sont « maquillés » en accidents du travail par le salarié ou son employeur. Mais il serait difficile de faire la part des facteurs personnels et professionnels dans ces morts. Aujourd'hui (18/10/2009), nous en sommes au 25ème suicide chez France Telecom depuis un an et demi. Difficile de se focaliser sur la fragilité des employés. D'ailleurs n'est ce pas l'entreprise qui fragilise ? Les suicidés qui délivrent un témoignage disent qu'ils sont devenus des déchets(36). Les enquêtes sur ce type de fait et les divers témoignages montrent un profil type de suicidaire hyper investi dans son travail, souvent non-contestataire et subissant la restructuration de son entreprise. La plupart consacrent leur vie au travail(37). Un employé qui a donné toute son énergie et son temps pour surmonter les situations imprévues et réussir à remplir des objectifs serrés, tombe dans une déprime totale lorsqu'il est pris en disgrâce par la direction.


L'EXTREME DE CETTE LOGIQUE : En ne régularisant qu'une minorité et en expulsant une autre minorité, l'Etat maintient la majorité des sans-papiers dans la peur incessante d'être arrêté par la police. Il les pousse à se cacher, à se réfugier dans la clandestinité voire à devenir des êtres invisibles cantonnés à s'enfermer chez eux et à ne sortir que pour travailler. Les victimes de cette perversité se sentent alors dans l'impossibilité de contester (s'ils ne font pas appel à une communauté, un collectif, une association ou un syndicat pouvant leur venir en aide). D'une part, l'Etat peut cacher aux yeux du reste de la population la réalité de cette situation et en donner une interprétation bourrée de préjugés racistes qui peuvent servir de défouloir et de bouc émissaire pour les autres qui souffrent aussi du travail. D'autre part, cette situation permet aux patrons n'importe quel abus sous couvert d'une dénonciation aux autorités du sans-papier employé. On atteint là le plus haut degré du management par la peur. Si ce dernier continue à s'amplifier, il n'y aura alors aucune raison pour que le cas des sans-papiers s'étende petit à petit au reste de la population. C'est un processus qui participe de la chosification et de la déshumanisation de la personne qui peut aller jusqu'à son anéantissement quand il s'agît de suicide.

 

 

OPPOSITIONS

 

 

EN INTERNE Le culte de la concurrence provoque de nombreuses rivalités et de nombreux conflits. Tout d'abord, au sein de l'entreprise, entre les précaires et les stables quand l'employeur laisse espérer aux premiers une embauche en CDI et sous-entend aux seconds l'éventualité d'un licenciement(38). On peut constater aussi une rivalité entre employés et employés sous-traitants ou interimaires d'une même entreprise privée ou publique, chacun n'étant pas régis par les mêmes conditions de travail. D'ailleurs, l'une des stratégies de désolidarisation consiste à démultiplier à outrance les compétences, qualifications et salaires des employés afin de découpler les intérêts et avantages de chacun.


JEUNES ET ANCIENS On observe aussi une opposition entre jeunes (ceux qui ont une courte expérience du monde de l'entreprise) et anciens au sujet des techniques de management modernes et anciennes. Les premiers sont exaltés par les défis que posent l'organisation en flux tendu mettant en valeur 3 vertues individuelles, l'authenticité, le volontarisme, et l'autonomie(39), qui dans la pratique ne sont qu'un mythe. Certains commerciaux, cadres et ingénieurs se voient magnifiés comme des super-héros prêts à surmonter tous les obstacles et sont accablés de tous les maux quand ils échouent. Les anciens préfèrent la méthode classique de management paternaliste basée sur l'autorité brutale, claire et sans détour de la direction. Le psychanalyste Christophe Déjour, parle en effet de deux méthodes de management(40). La méthode classique repose sur la reconnaissance par la direction du travail fournit; ce qui est facteur de solidarité et de motivation. La plupart des salariés placeraient la gratification avant l'augmentation de salaire. Le management par la peur serait aussi efficace car pour ne pas se faire virer, les travailleurs seraient capable de soulever des montagnes et de faire preuve d'une intelligence considérable. La méthode classique de management est adoptée par la plupart des PME mais étant souvent directement ou indirectement sous-traitantes d'une grosse entreprise, elles subissent partiellement les affres du management par la peur.


OPPOSITION EXTERNES Cette segmentation du travail a généré des strates de catégories sociales dont les intérêts s'opposent. On peut citer les oppositions entre jeunes et « vieux », entre ouvriers et cadres, entre privé et public, entre rmistes et smicards, entre précaires et stables, entre travailleurs français et immigrés, … Il serait trop long de les développer ici, mais l'on peut se pencher sur l'un des préjugés véhiculé par l'Etat et les médias à propos des immigrés : « Les étrangers volent le travail des français ».


BESOIN D'IMMIGRATION La population française ne cesse de vieillir et pose, entre autres, le problème du financement des retraites. Selon les projections 2005 et 2006 de l'INSEE(41), en 2050, il n'y aura plus que 1,4 actifs (travailleurs + sans emplois en âge de pouvoir travailler) pour un inactif (retraités et enfants) et 69% de la population aura 60 ans ou plus(42). Ce problème est connu au moins depuis 2000 où un rapport de l'ONU spécifique(43) à la France étudie le problème. Selon ce rapport, une politique nataliste n'est pas suffisante et la seule solution réellement efficace est une politique qui permet non seulement une immigration économique mais une immigration de peuplement. De nombreux rapports de l'ONU jusqu'à aujourd'hui viennent confirmer la réalité de ce problème qui n'est pas le propre de la France mais celui de tous les Etats d'Europe occidentale. Une autre étude du même organisme, de l'année 2000(44), explique que les secteurs d'activités des sans-papiers demanderaient une forte mobilité de la part des français que l'Etat devrait prendre charge. Elle serait fort coûteuse et les français n'ont pas la culture de la mobilité en eux. Il y a-t-il plus mobile qu'un sans-papiers ? En s'amplifiant, la crise - qui selon de nombreux économistes de tous bords n'est pas prête de se résoudre - ne fera qu'augmenter le recours à la main d'œuvre sans-papiers à moins qu'à un moment donné la situation soit telle que les travailleurs français acceptent des conditions de travail des plus pénibles sans la moindre protection sociale, avec des salaires minimes, avec le minimum de temps de repos et en surcroît la répression policière aux fesses.

 

 

 

L'idéologie dominante a construit de multiples oppositions visant à faire croire aux salariés qu'ils n'ont pas tous de nombreux points communs, qu'ils ne peuvent pas s'unir et qu'ensemble ils ne sont pas une force sociale majoritaire. Le grand paradoxe de ce manque de contestation unitaire, est que cette nouvelle organisation du travail répressive et aliénante est d'une fragilité extrême de part les nombreuses dépendances inter-entreprises, entre services et ateliers, entre processus, de part sa naïveté à vouloir tout gérer, tout maîtriser même l'imprévisible. L'atteinte à un maillon du système peut rapidement tout bloquer. Et, pourtant, c'est cette fragilité qui sert de prétexte à instaurer la peur au travail par le biais d'une idéologie de l'insécurité permanente et de la concurrence qui rappelle le discours de Pompidou de 1967.

 

Aujourd'hui, on arrive au constat que la mise en place de cette nouvelle organisation du travail amène à une véritable décadence de la société dans son ensemble. Les habitants de notre pays sont nombreux à souffrir d'un système extrêmement pervers où les solutions de recours autres que la contestation et la revendication tenaces ne sont possibles. Beaucoup sont dans l'engrenage des dettes et du crédit qui les pousse à renoncer à la protestation. Et surtout une certaine idéologie du chômage comme exclusion sociale alimente le terreau de la peur. On peut aussi s'étonner qu'une indemnisation de l'Etat et du pôle emploi lors de la démission de l'employé n'est jamais été une revendication syndicale. Les luttes syndicales ne sont pas très satisfaisantes et les appareils politiques des grands syndicats sont tombés dans le piège de la bataille pour l'emploi (revendication première des français selon de nombreux sondages) en délaissant celle des conditions de travail. Et ceci, malgré la lucidité de nombreux syndicalistes de la base(6).


Pourtant, des affrontements arrivent à subsister même quand le rapport de force est démesuré. Pour ne pas mettre en danger la vie de ses ouvriers, un chef d'équipe de chantier du bâtiment pourtant sans-papiers arrive à tenir tête à son patron qui veut lui imposer des délais trop courts. Un chef de projet informatique qui met son employeur devant les prud'hommes reçoit le soutien actif de son équipe qu'il a traité toujours avec le plus grand respect et le plus grand soin. Un président de comité d'entreprise arrive, avec l'aide de l'inspection du travail, à limoger un directeur de ressources humaines qui persécutait tous les employés. Mais cela demande une endurance et une persévérance hors du commun, et, une certaine indépendance d'esprit face à une pression qui est le plus souvent d'ordre social et psychologique. D'ailleurs, bien que l'activité soit synonyme d'émancipation pour l'Homme, on en vient à se demander s'il n'est pas devenu extrêmement dangereux de trop centraliser sa vie autour du travail.

 

 

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le 08 novembre 2009

 

 

 

 

 

(1) En fait la grande majorité des sans-papiers sont des travailleurs qui viennent des pays pauvres (en particulier les anciennes colonies françaises et les pays francophones). Dans leurs pays d'origine, la situation politique est tellement sclérosée qu'elle ne laisse place à aucune perspective. D'une part, les Plans d'Ajustements Structurels imposés par le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale octroient toute politique intérieure économique et sociale. Ensuite, les pouvoirs et les élites sont le plus souvent corrompues et ne se préoccupent que de leur marchandage de matières premières exportées vers les grandes puissances internationales dont la France. Certains sans-papiers fuient des conflits dont les ressources où l'acheminement des matières premières sont souvent la cause. Pour approfondir la situation de ces pays, on peut se référer aux travaux du Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde et ceux de l'association SURVIE. Concernant, les sans-papiers, on peut se référer entre autres aux ouvrages donnés en bas de page.


(2) La vidéo de l'entretien est visible à l'adresse suivante : http://www.youtube.com/watch?v=f48_AX4CayU L'année 1967 est une année phare. C'est la création de l'ANPE par Chirac secrétaire d'Etat à l'emploi. C'est aussi l'annonce de l'ouverture du marché commun européen qui va libéraliser les échanges financiers internationaux en 1968.

 

(3) Voir deux pages plus loin « Les techniques de management par la peur »

 

(4) On peut se référer à l'ouvrage : « Les Ouvrières du Fast Food Les enjeux sociaux du flux tendu dans la restauration rapide » par Raoul Nkiutchou Nkouatcht Editions L'Harmattan 2005


(5) On peut se référer à la brochure de la Mission nationale d'expertise et d'audits Hospitaliers (MeaH) « Organisation de la radiothérapie Formation au flux tendu appliqué à la prise en charge en radiothérapie » du 10 juillet 2007 http://www.meah.sante.gouv.fr/meah/uploads/tx_meahfile/Forma

tion_flux_tendu_100707.pdf

 

(6) "Menaces dans les usines: les vraies raisons de la colère" par Gilles Le Blan, article de Rue89 du 17/07/2009 :http://eco.rue89.com/bazar/2009/07/17/menaces-dans-les-usines-les-vraies-raisons-de-la-colere


(7) Sauf cas rares de certains types de sous-traitances de « capacité » et de « marché »

 

(8) "Fausse sous-traitance, vrai délit" par Ralph Blindauer, avocat au barreau de Metz, article de l'Humanité du 18 mai 2009 http://www.humanite.fr/2009-05-18_Politique_Fausse-sous-traitance-vrai-delit

 

(9) Voir l'audience du 12 mars 2009 du procès AZF retransmise par un journaliste de France3 http://sud.france3.fr/info/proces-azf/52543619-fr.php

 

(10) Un résumé du rapport est décrit dans l'article de l'Humanité du 3 mai 2005 http://www.legrandsoir.info/Constitution-Delocalisation-des-rapports-explosifs-par-Yves.html

 

(11) http://montbouge.info/spip.php?article614


(12) C'est une tendance que confirme le rapport de l'IGAS 2005 http://www.legrandsoir.info/Constitution-Delocalisation-des-rapports-explosifs-par-Yves.html

 

(13)  « Les Ouvrières du Fast Food Les enjeux sociaux du flux tendu dans la restauration rapide » par Raoul Nkiutchou Nkouatcht Editions L'Harmattan 2005

 

(14) A partir de la piste 15h38 du reportage radiophonique « Il ne s’est rien passé à Tricastin ! » par Antoine Chaos dans l'émission « Là bas si j'y suis » de daniel Mermet le 29 septembre 2008 France Inter : http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1509


(15) Selon les chiffres de l'INSEE de 2007 consultables ici http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&ref_id=NATCCJ03230


(16) Le terme de « délocalisation sur place » est emmené par l'antropologue Emmanuel Terray dans le chapitre « Le travail des étrangers en situation irrégulière ou la délocalisation sur place » extrait de « Sans-papiers : l'archaïsme fatal, edition Broché, collection « Sur le vif » 1999, p9 à 34

 

(17) Brochure de la Délégation Inter-ministerielle à la Lutte contre le Travail Illegal « Sous-traitance et travail illégal dans le BTP. Que dit le droit ? La charte du BTP » http://www.lexisnexis.fr/pdf/DO/sous-traitance.pdf

 

(18) A lire l'article de Yves Housson dans L'Humanité du 10 mai 2005 à propos du rapport : http://www.legrandsoir.info/Constitution-Delocalisation-des-rapports-explosifs-par-Yves.html

 

(19) On peut se référer aux travaux du sociologue de terrain Nicolas Jounin dont sa thèse « Travailleurs immigrés du bâtiment entre discrimination et précarité. L'exemple d'une activité externalisée : le ferraillage » (http://www.ires-fr.org/IMG/File/r501.pdf), l'article de Rue89 par Lise Barcelleni du 26/07/2008 (http://www.rue89.com/2008/07/26/quotidien-sur-les-chantiers-un-sociologue-clandestin-temoigne) sur son enquête « Chantier interdit au public : enquête parmi les travailleurs du bâtiment », Editions La decouverte 2008.

 

(20) Pour lire des témoignages à ce propos : « La république à l'école des sans-papiers Trajectoires et devenir de sans-papiers régularisés » sous la direction du sociologue Saïd Bouamama p27 à 34.Editions l'Harmattan


(21) Tout ces faits sont expliqués par Gérard Filloche, inspecteur du travail, dans « Salariés, si vous saviez... Dix idées reçues sur le travail en France », p83 à 94, Editions La Découverte

 

(22) p34 « La chaîne invisible : Travailler aujourd'hui : Flux tendu et servitude volontaire », Jean-Pierre Durand, Edition du Seuil, 2004


(23) Article de l'Express du 18/06/1998 par Clark Jérôme, http://www.lexpress.fr/informations/la-peur-est-devenue-une-methode-de-management_629398.html

 

(24) Les types de brimades sont énoncées du rapport 2008 du Bureau International du Travail p12 et 13

 

(25) Article de l'Express du 18/06/1998 par Clark Jérôme, http://www.lexpress.fr/informations/la-peur-est-devenue-une-methode-de-management_629398.html

 

(26) Pour le développement de ce paragraphe, voir la totalité de l'extrait vidéo du documentaire « J'ai (très) mal au travail » réalisé par Jean Michel Carré à l'adresse internet suivante : http://www.dailymotion.com/video/x3xco4_jai-mal-au-travail-3_politics

 

(27) P 167 et 168, chapitre « Les figures psychopathologiques de la culpabilité objective » par Lise Gaignard dans « Conjurer la violence Travail, Violence et Santé » sous la direction de Christophe Dejours, Edition Payot 2007

 

(28) Le 18 octobre 2008, le Collectif pour la Régularisation de tout les Sans-Papiers de Bordeaux organise une manifestation contre le contrôle au faciès et rédige un texte explicatif à ce propos consultable à l'adresse internet suivante : http://www.crsp-bordeaux.org/index.php?view=article&catid=41%3Aactions-passees-du-crsp&id=48%3Amanifestation-du-18-octobre-contre-le-controle-au-facies&option=com_content&Itemid=70

 

(29) "les préfectures sont des lieux de plus en plus dangereux pour les sans-papiers" article du 10 juin 2008 sur le site internet de la Ligue des Droits de l'Homme de Toulon : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2690

 

(30) Article AFP du 15 janvier 2009 : http://www.crsp-bordeaux.org/index.php?option=com_content&view=article&id=133:une-transmission-automatique-dinformations-de-pole-emploi-vers-les-prefectures-&catid=56:actualite-nationale&Itemid=88

 

(31) Reportage de France3 Poitou-Charente du 11 juillet 2007 http://www.dailymotion.com/video/x3hsae_sans-papiers-bougez-avec-la-poste_news


(32) Communiqué du GISTI (Groupe d'Information et de Soutien aux Immigrés) du 24 février 2009 : http://www.mediapart.fr/club/blog/sophie-rostain/240209/arrete-dans-les-bureaux-de-la-caf-de-l-yonne

 

(33) « Délation publique, délation privée- la chasse aux sans papiers » article de Sophie L. du Collectif antidélation du 4 novembre 2008 http://antidelation.lautre.net/spip.php?article1976

 

(34) Il est apparu depuis ces 10 dernières années selon les archives de la Médecine du Travail crées en 1946

 

(35) Reportages de l'émission TV « C'est dans l'air » du 30 juillet 2009 consultable à cette adresse internet http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1216, dans le texte de résumé

 

(36) On peut lire la lettre du 23ème suicidé de France Télécom : http://storage.canalblog.com/70/46/648480/43675289.pdf

 

(37) Ibid 35

 

(38) Chapitre 5, « La chaîne invisible : Travailler aujourd'hui : Flux tendu et servitude volontaire », Jean-Pierre Durand, Edition du Seuil, 2004

 

(39) En référence à l'ouvrage « Extension du domaine de la manipulation : De l'entreprise à la vie privée » du philosope Michela Marzano, Editions Grasset & Fasquelle 2008

 

(40) Émission TV « Ce soir ou jamais » du 7 novembre 2007 dont on peut visionner un montage en version courte à cette adresse :http://www.dailymotion.com/video/x3dc8k_csoj-management-par-la-peur-et-suic_news

 

(41) "Projections de population active 2006-2050" http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=projpopact0650

 

(42) « Projections de population pour la France métropolitaine à l’horizon 2050, La population continue de croître et le vieillissement se poursuit » par Isabelle Robert-Bobée, division Enquêtes et études démographiques, Insee http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1089&reg_id=0

 

(43) « Policy responses to population ageing and population decline in France », Georges P. Tapinos, Institut des Etudes Politiques de Paris, octobre 2000 : http://www.un.org/esa/population/publications/popdecline/Tapinos.pdf

 

(44) p57, « Three million foreigners, three millions unemployed ? Immigration and the French labor market » Gross, 2000

 

(45) voir« La mise à mort du travail » film de Jean-Robert Viallet , 2009, 68mn. On peut le visionner en VOD à cette adresse internet : http://www.film-documentaire.fr/Mise_a_mort_du_travail.html,film,25568


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