Sud Ouest 18/01/2009

Publié le par Travailleurs Sans-papiers de Bordeaux

IMMIGRATION. Les sans-papiers étaient encore à la préfecture hier 17/01/09

En quête de papiers

 

 

Des sans-papiers, des employeurs et des membres de l'Asti se sont retrouvés ce matin, devant la préfecture, pour déposer des dossiers de régularisation. (photo thierry david)

Une vingtaine de personnes étaient présentes hier matin devant les grilles de la préfecture, rue Castéja. Parmi elles, des membres de l'Association de solidarité avec les travailleurs immigrés (Asti) et des sans-papiers. Cinq d'entre eux étaient venus pour déposer des dossiers de demande de régularisation. Ils ont reçu en échange les attestations de dépôt qui leur permettront, théoriquement, de ne pas être inquiétés voire expulsés en cas de contrôle policier.

Éviter un licenciement

L'une d'entre elles, originaire de Moldavie, s'est même vu remettre une attestation de travail provisoire due à sa situation particulière. En effet, Ana, qui est cuisinière et femme de ménage dans un restaurant, a la particularité d'être déclarée par son patron bien qu'elle n'ait pas de papier. Cette situation est illégale et devrait obliger l'employeur à la licencier. Elle est cependant parfois tolérée dans la pratique, comme l'autorise depuis un mois seulement une directive du Ministère de l'immigration adressée aux préfets.

Quelques heures seulement après le dépôt de son dossier, Ana a donc obtenu son attestation de travail provisoire qui lui permet d'éviter un licenciement contraint et de continuer à travailler légalement le temps que son dossier soit traité. Si sa situation est régularisée, elle devra cependant signer avec son employeur un nouveau contrat de travail.

D'autres travailleurs en situation irrégulière étaient présents afin de se renseigner sur le traitement de leurs dossiers qui, pour certains, ont été déposés dès le début du mois de juillet 2008. C'est le cas d'Anicet, qui est à bout de patience devant les difficultés qui s'accumulent sur son chemin vers la régularisation. Il a déjà vu deux fois ses demandes refusées, parfois sans argument. « On peut même me demander de rajouter au dossier des pièces qui ont déjà été déposées ! »

Ahmed est dans le même cas. Depuis le dernier refus essuyé en novembre, il n'a plus aucune nouvelle et a le plus grand mal à obtenir des informations sur l'évolution de sa demande. Hier matin à la préfecture, il était venu avec Yann, son patron.

Soutien de certains élus

Un tel appui, s'il est très important, reste rare. « Les employeurs savent qu'ils risquent gros en faisant travailler un sans-papiers, explique Françoise Astruc, la vice-présidente d'Asti. Ça les rend forcément timides face aux administrations. »

Également présente, Anne-Laure Fabre-Nadler, l'assistante parlementaire de Noël Mamère, était venu témoigner du soutien d'une partie des élus locaux dont bénéficient les sans-papiers. Des encouragements nécessaires, qui ne peuvent que les aider à s'enhardir. « Ça leur fait peur de rentrer dans une administration dans leur situation, ajoute Yann, parce qu'ils ne savent pas s'ils vont en ressortir.»

Auteur : Barnabé Chaix

Publié dans Articles de presse

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