SUD OUEST - 03/08/2008

Publié le par Travailleurs Sans-papiers de Bordeaux

SANS-PAPIERS. --Des étrangers travaillant dans la région tentent de se réunir en collectif afin d'obtenir la régularisation des salariés clandestins. Un projet difficile du fait de l'isolement des uns et des autres

Unis, ils seraient plus forts

:Guy Lacquement

 

Ils vivent parmi nous. Ils travaillent. Ils paient leurs impôts, comme nous. Pourtant, ils n'osent pas mettre un pied hors du logement dont ils acquittent le loyer. Ils craignent d'être, au mieux, embastillés dans les geôles du commissariat ; au pire, embarqués dans un avion vers un pays dont ils ont fui la misère ou la violence.
Les sans-papiers de la région bordelaise vivent « en transit » entre leur demande de statut officiel et le durcissement de la politique d'expulsion des étrangers en situation irrégulière.
Une attente ponctuée d'allers-retours devant les administrations et au centre de rétention. Une attente peuplée de cauchemars, d'angoisse du lendemain. Et marquée par une profonde incompréhension de la réglementation.


Un collectif. Les sans-papiers de Bordeaux souhaitent se réunir en collectif, comme dans la région parisienne, afin de peser pour obtenir la régularisation de leur situation. Qui sont autant de cas particuliers.

à l'inverse des collectifs parisiens, ils ne peuvent s'appuyer sur un syndicat ouvrier ou faire grève dans une même entreprise

Mais, à l'inverse de ceux qu'ils ont vus à la télévision, ces travailleurs immigrés peuvent difficilement s'appuyer sur un syndicat ouvrier et faire grève dans une même entreprise.
Vivant isolés, ils ont du mal à se réunir dans une organisation suffisamment forte pour les protéger et les représenter efficacement. Autour d'eux, un comité de soutien se met en place, non sans leur laisser l'initiative. Beaucoup ont fui les combats du Zaïre dans lesquels plusieurs d'entre eux ont laissé leur famille. L'Afrique n'a pas le monopole de la violence d'état. Parmi les premiers étrangers du collectif en formation figure une victime des sévices de la police de son pays. à tel point que son état a relevé un temps de la psychiatrie. Cet autre n'a fait que répondre à l'invitation d'un club sportif. Une fois sur place, le contrat ne s'est pas concrétisé et le candidat se retrouve à la rue? Au sens propre malheureusement.


Guéri. Un autre a bénéficié du statut d'étranger malade en cours de séjours. Les autorités « l'invitent » à quitter le territoire, oubliant qu'il a sollicité l'asile politique auparavant.
Beaucoup d'entre eux se sentent pris au piège. Ils sont arrivés dans un Hexagone où les textes étaient plus permissifs. Ils se sont intégrés et travaillent depuis des années. Ils sont licenciés quand l'employeur « découvre » leur situation.
D'autres sont à la fois salariés et conjoints. Si un divorce survient, ils perdent en même temps, leur famille, leur toit, leur emploi et le droit de séjourner dans notre pays.
La plupart de ces travailleurs sans papiers sont employés clandestinement dans le bâtiment, les travaux publics et le personnel de maison. Beaucoup ont des feuilles de paie à leurs noms. La plupart du temps, ils travaillent depuis des années en France. Parfois sur de grands chantiers publics ou pour le compte de groupes bien connus.

Publié dans Articles de presse

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