LIBEBORDEAUX : 07/07/2008

Publié le par Travailleurs Sans-papiers de Bordeaux

Collectif des travailleurs sans papiers : politiques et associations lancent un appel commun de soutien

MIGRANTS - C’est le premier acte pour le tout jeune collectif bordelais des travailleurs sans papiers, qui faisait aujourd’hui son entrée en scène. En germe depuis plusieurs semaines, le projet vient tout juste de voir le jour. Et en fin d’après-midi, plusieurs dizaines de sympathisants s’étaient réunis devant la préfecture pour ouvrir le bal des actions groupées, avec un premier dépôt de quatorze dossiers.

«L’initiative a germé du constat que pour l’instant les étrangers ont peur, souligne Nathalie Deltimple, membre de RESF 33. S’ils font une demande de régularisation, leur nom est connu, et ils craignent d’être dénoncés ou licenciés. Même au sein des communautés, il arrive souvent que les gens ne sachent pas qui est sans papiers. C’est devenu très inquiétant pour eux de se dévoiler. D’où le besoin de regrouper les situations pour tenter une démarche collective. Et que chacun puisse compter sur l’effet de masse».

Outre la première poignée, qui vient de se fédérer, une vingtaine d’autres dossiers sont en cours de constitution. «On pense qu’il y a encore énormément gens concernés, mais qu’ils attendent de voir ce que donne ce regroupement avant de décider de s’y associer», estime Françoise Astruc, de l’Asti (l’Association de solidarité avec les travailleurs immigrés).

C’est pourquoi une quinzaine d’associations, ainsi que plusieurs partis politiques de gauche (PS, PCF, Verts, LO, LCR) ont décidé de cosigner un «appel pour le respect, les droits et la régularisation des sans papiers». Le texte dénonce notamment le «chantage à l’expulsion», de ceux qui «utilisent les salariés immigrés pour peser sur les salaires et les conditions de travail de tous». Il pointe également des procédures d’examen au cas par cas par les préfectures ouvrant la porte «à l’arbitraire et l’injustice».

«En nous engageant autour de cette déclaration commune, et avec ce premier rassemblement, nous voulons montrer à ceux qui ont peur qu’ils sont soutenus massivement, et qu’il y a du monde derrière eux», explique Nathalie Deltimple.

Devant la préfecture, Pierre Hurmic (Vert) et Michèle Delaunay (PS) s’étaient joints aux militants. La députée dénonce «une ville particulièrement sévère». Sur huit dossiers déposés par ses soins il y a deux mois, un seul a débouché. Et il n’a, pour le moment, obtenu que six mois de répit.

Laure Espieu

 

Publié dans Articles de presse

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