Étrangers sous pression

Publié le par Webmaster

SUD OUEST, Samedi 28 Novembre 2009

 

SANS-PAPIERS. Les associations de soutien ont dénoncé une politique de plus en plus répressive au cours d'une conférence de presse en présence d'élus PS, PC et Verts

Michèle Delaunay et Noël Mamère à leur arrivée au siège de l'Asti. (PHOTO THIERRY DAVID)

L'Association solidarité avec les travailleurs immigrés (Asti) a bien failli se retrouver, hier après-midi pour sa conférence de presse, avec un exemple concret et immédiat des dégradations qu'elle dénonce.

L'un des travailleurs sans-papiers désireux de témoigner avait été interpellé par un policier à sa descente du tram, place de la Victoire, pour un contrôle. Comme il est Camerounais d'origine, il a demandé à haute voix pourquoi il était le seul à être visé dans ce tram. Et il profita des protestations solidaires des voyageurs pour s'échapper : « Sinon, je serais peut-être en garde à vue avant de prendre le chemin du centre de rétention de Toulouse. » Or, ce jeune homme travaille depuis 2004 à Bordeaux, est éducateur dans un club de foot de la rive droite, paye son loyer et ses impôts, cotise à la Sécu mais « n'a pas d'existence légale ».

C'est ce type de situation que dénonce l'Asti et avec elle de multiples associations, syndicats et partis de gauche, de sorte que la question des sans-papiers est sans doute la plus fédératrice qui soit, du PS au NPA. D'ailleurs, l'Asti avait obtenu pour sa conférence le soutien des députés Michèle Delaunay (PS) et Noël Mamère (Verts), plus celui de la conseillère municipale bordelaise Nathalie Victor-Rétali (PC).

Multiplication des contrôles

Mais le souci des associatifs, c'est d'abord une aggravation récente de la condition des étrangers, en Gironde comme ailleurs. Après une visite au préfet Schmitt jugée « positive » par Michèle Delaunay (sur 44 dossiers déposés, 9 ont fait l'objet d'une régularisation par le travail), la tension semble revenue avec, selon les associatifs, de multiples contrôles dans les points sensibles de l'agglomération (la gare, Saint-Michel, le cours de la Marne etc.).

« C'est au point que les employeurs se lassent ou prennent peur alors que des dossiers solides sont en attente à la préfecture », explique l'Asti. Celle-ci évoque aussi des cas « qui ont tellement traîné qu'il faut tout recommencer ». Dur à vivre par les intéressés.

Pour Michèle Delaunay, Noël Mamère et Nathalie Victor-Rétali, cette situation est « organisée à des fins électoralistes par le gouvernement en difficulté, alors qu'il est toujours dangereux de jouer sur la peur ». La socialiste parle de « variable d'ajustement des sondages ». Et c'est pour alerter l'opinion qu'une action nationale des divers collectifs sera organisée le 12 décembre.

Auteur : HERVÉ MATHURIN
h.mathurin@sudouest.com

 

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