dimanche 26 avril 2009

Publié le par Travailleurs Sans-papiers de Bordeaux

Réunion à l'Asti, dimanche 26 avril 2009, 13 h.

 

Le Collectif bordelais accueille aujourd'hui 4 représentants d'un Collectif de sans papiers toulousain, le "Rassemblement des ouvriers sans-papiers, gens d'ici et leurs amis".

Du côté bordelais, il y avait 11 travailleurs du Collectif, plus un travailleur régularisé à Paris mais qui est passé par l'Asti lorsqu'il était bordelais, Marie Line, Antoine, Jeanine, Joaquim, Brigitte, Françoise, Frédéric, Gérard.

 

Nous avons mangé ensemble avant de commencer le débat.

 

Qui est ce Collectif toulousain qu'Antoine nous avait proposé de rencontrer ?

Ce collectif de sans papiers existe depuis 10 ans. Il assure deux permanences hebdomadaires dans le quartier Reynerie et il est présent sur le marché St Sernin tous les dimanches de 11h à 12h. Il réunit bon an mal an, une trentaine de sans papiers.

- Jean Louis du collectif toulousain prend la parole pour dénoncer l'Etat qui au lieu de se mettre au service des gens, décide à la place des gens. Il cherche à séparer les français et les étrangers pour mieux régner.

- T... le travailleur régularisé en région parisienne dit qu'il faut se bouger, que se mobiliser paye, c'est ce qui s'est passé à Paris.

- P... répond qu'à Bordeaux ce n'est pas comme à Paris. Sur les 35 sans papiers qui ont déposé des dossiers de demande de régularisation (suivis par l'Asti) et qui sont membres du collectif, il n'y a qu'une dizaine de présents aux réunions. La majorité des sans papiers bordelais ne veut pas sortir de l'ombre, de la clandestinité. Le collectif est en train de chercher des solutions pour être mieux connu et plus efficace.

- Le collectif toulousain pense qu'il faut être plus prudent avec les informations venues de Paris : s'il y a eu des régularisations, parfois pour des périodes très courtes, il y a eu aussi des travailleurs qui à la suite des grèves, occupations et mobilisations, ont perdu leur boulot…

De plus, ils sont des centaines à occuper la Bourse du travail à Paris depuis 1 an et cela ne débouche pas.

 

Quelle(s) forme(s) nouvelle(s) de lutte à mettre en œuvre ? et comment faire venir d'autres sans papiers au collectif ?

- Joaquim pense lui aussi que la situation à Bordeaux est particulière et qu'il ne faut pas forcément chercher des modèles ailleurs (Paris, Toulouse). Il faut lancer une action bordelaise et bien la préparer.

- Le Collectif toulousain pense que la priorité n'est pas de définir des actions (on en trouvera toujours), mais c'est de faire vivre le collectif.

Pour les toulousains le temps des occupations de lieux par des sans papiers (ex : St Bernard à Paris) est révolu, il faut aller vers les gens, il faut être sur les lieux où la police arrête et contrôle au faciès, il faut l'empêcher.

Le collectif toulousain est dans d'autres types d'actions comme celle faite au mois de mai l'an dernier, qu'ils ont appelé « journées de mai » : 30 mn d'arrêt de travail pour tout le monde (avec et sans papiers) pour se parler dans les entreprises, pour étudier l'évolution des lois répressives. Ce fut un succès...

Ils vont sur les marchés, les parkings de supermarchés, pour parler du Collectif pour aller à la rencontre des gens, avec des tables, des documents, des panneaux, ils se font connaître sur la ville, vont à des débats quand ils sont invités mais ne cherchent pas l'action médiatique, les coup d'éclat car on ne maîtrise pas ce qui sera finalement rapporté par les journalistes. Ils sont maintenant sur un travail de fond, qui s'inscrit dans la durée.

Ils sont contre la grève de la faim car c'est une mise en danger de la vie des gens.

Pour eux, la priorité c'est vivre, même sans papiers, ce n'est pas de reporter sa condition de femme ou d'homme libre à une date ultérieure et de ne vivre que dans l'espoir d'une régularisation.

 

Est-ce qu'il ne serait pas temps d'envisager de connecter, de fédérer tous les collectifs de travailleurs sans papiers sur la région ou même en France ?

- Pour le Collectif toulousain c'est encore trop tôt. Il vaut mieux construire localement.

 

Il est 17 h, les toulousains repartent.

                                                                                                                                         Gérard.



 

Publié dans Comptes Rendus

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