AQUI 07/07/2008

Publié le par Travailleurs Sans-papiers de Bordeaux

Manifestation à Bordeaux pour une régularisation des salariés sans papiers

L'ASTI (Association de solidarité avec les travailleurs immigrés) appelle à une manifestation aujourd'hui, ce lundi 7 juillet, à 17h30 devant la préfecture de la Gironde pour demander la régularisation des salariés sans papiers. Elle dénonce une situation "impossible" pour les sans papiers. Pour être régularisé en France, les sans papiers doivent être "bien intégrés socialement", c'est à dire avoir un logement, payer un loyer... Mais, dans la majorité des cas, cela signifie travailler "au noir", à des prix et à des conditions, qui dépassent, parfois, l'entendement.

On se souvient il y a quelques mois du scandale déclenché, lorsqu'il a été découvert que de prestigieux restaurants parisiens faisaient travailler depuis des années des sans papiers. Ils sont invisibles, mais indispensables au fonctionnement de l'économie française. Une situation qui ouvre la porte à tous les excès, rappelle l'Asti. "Dans de nombreux secteurs d'activités (restauration, bâtiment...), les syndicats sont confrontés quotidiennement à des situations où des travailleurs embauchés irrégulièrement se trouvent en grande difficulté pour faire valoir leurs droits les plus élémentaires et sont soumis au chantage de l'expulsion.

Alors que la concurrence est de plus en plus forte entre les entreprises, "de trop nombreux patrons utilisent les salariés immigrés, en particulier Sans Papiers, pour peser sur les salaires et les conditions de travail de tous. C'est une délocalisation sur place : ou bien ils font fabriquer dans des pays "à bas coût " , ou bien ils le font dans des ateliers clandestins, des sous-sols de nos villes...", dénonce l'Asti, qui rappelle, que l'immense majorité des étrangers sans papiers vivant en France sont des salariés.

Immigration "choisie" ou "jetable" ?
Selon cette association, la politique de l'immigration choisie, menée par le gouvernement, ne fait qu'aggraver la situation. "La politique gouvernementale cherche à stigmatiser les étrangers pour masquer les reculs sociaux et faire passer sa politique d' "immigration choisie" qui se traduit par des expulsions massives. Les procédures d'examen au cas par cas par les Préfectures de la situation de ces travailleurs se limitent à des considérations d'utilité économique, réduisant la personne à sa seule valeur marchande et ignorant les liens familiaux de ces salariés dans notre pays. Elles ouvrent la porte à l'arbitraire et l'injustice", accuse t-elle.

Nicolas César

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