Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /Juil /2008 18:26

Manifestation à Bordeaux pour une régularisation des salariés sans papiers

L'ASTI (Association de solidarité avec les travailleurs immigrés) appelle à une manifestation aujourd'hui, ce lundi 7 juillet, à 17h30 devant la préfecture de la Gironde pour demander la régularisation des salariés sans papiers. Elle dénonce une situation "impossible" pour les sans papiers. Pour être régularisé en France, les sans papiers doivent être "bien intégrés socialement", c'est à dire avoir un logement, payer un loyer... Mais, dans la majorité des cas, cela signifie travailler "au noir", à des prix et à des conditions, qui dépassent, parfois, l'entendement.

On se souvient il y a quelques mois du scandale déclenché, lorsqu'il a été découvert que de prestigieux restaurants parisiens faisaient travailler depuis des années des sans papiers. Ils sont invisibles, mais indispensables au fonctionnement de l'économie française. Une situation qui ouvre la porte à tous les excès, rappelle l'Asti. "Dans de nombreux secteurs d'activités (restauration, bâtiment...), les syndicats sont confrontés quotidiennement à des situations où des travailleurs embauchés irrégulièrement se trouvent en grande difficulté pour faire valoir leurs droits les plus élémentaires et sont soumis au chantage de l'expulsion.

Alors que la concurrence est de plus en plus forte entre les entreprises, "de trop nombreux patrons utilisent les salariés immigrés, en particulier Sans Papiers, pour peser sur les salaires et les conditions de travail de tous. C'est une délocalisation sur place : ou bien ils font fabriquer dans des pays "à bas coût " , ou bien ils le font dans des ateliers clandestins, des sous-sols de nos villes...", dénonce l'Asti, qui rappelle, que l'immense majorité des étrangers sans papiers vivant en France sont des salariés.

Immigration "choisie" ou "jetable" ?
Selon cette association, la politique de l'immigration choisie, menée par le gouvernement, ne fait qu'aggraver la situation. "La politique gouvernementale cherche à stigmatiser les étrangers pour masquer les reculs sociaux et faire passer sa politique d' "immigration choisie" qui se traduit par des expulsions massives. Les procédures d'examen au cas par cas par les Préfectures de la situation de ces travailleurs se limitent à des considérations d'utilité économique, réduisant la personne à sa seule valeur marchande et ignorant les liens familiaux de ces salariés dans notre pays. Elles ouvrent la porte à l'arbitraire et l'injustice", accuse t-elle.

Nicolas César

Publié dans : Articles de presse
Lundi 7 juillet 2008 1 07 /07 /Juil /2008 18:12

Collectif des travailleurs sans papiers : politiques et associations lancent un appel commun de soutien

MIGRANTS - C’est le premier acte pour le tout jeune collectif bordelais des travailleurs sans papiers, qui faisait aujourd’hui son entrée en scène. En germe depuis plusieurs semaines, le projet vient tout juste de voir le jour. Et en fin d’après-midi, plusieurs dizaines de sympathisants s’étaient réunis devant la préfecture pour ouvrir le bal des actions groupées, avec un premier dépôt de quatorze dossiers.

«L’initiative a germé du constat que pour l’instant les étrangers ont peur, souligne Nathalie Deltimple, membre de RESF 33. S’ils font une demande de régularisation, leur nom est connu, et ils craignent d’être dénoncés ou licenciés. Même au sein des communautés, il arrive souvent que les gens ne sachent pas qui est sans papiers. C’est devenu très inquiétant pour eux de se dévoiler. D’où le besoin de regrouper les situations pour tenter une démarche collective. Et que chacun puisse compter sur l’effet de masse».

Outre la première poignée, qui vient de se fédérer, une vingtaine d’autres dossiers sont en cours de constitution. «On pense qu’il y a encore énormément gens concernés, mais qu’ils attendent de voir ce que donne ce regroupement avant de décider de s’y associer», estime Françoise Astruc, de l’Asti (l’Association de solidarité avec les travailleurs immigrés).

C’est pourquoi une quinzaine d’associations, ainsi que plusieurs partis politiques de gauche (PS, PCF, Verts, LO, LCR) ont décidé de cosigner un «appel pour le respect, les droits et la régularisation des sans papiers». Le texte dénonce notamment le «chantage à l’expulsion», de ceux qui «utilisent les salariés immigrés pour peser sur les salaires et les conditions de travail de tous». Il pointe également des procédures d’examen au cas par cas par les préfectures ouvrant la porte «à l’arbitraire et l’injustice».

«En nous engageant autour de cette déclaration commune, et avec ce premier rassemblement, nous voulons montrer à ceux qui ont peur qu’ils sont soutenus massivement, et qu’il y a du monde derrière eux», explique Nathalie Deltimple.

Devant la préfecture, Pierre Hurmic (Vert) et Michèle Delaunay (PS) s’étaient joints aux militants. La députée dénonce «une ville particulièrement sévère». Sur huit dossiers déposés par ses soins il y a deux mois, un seul a débouché. Et il n’a, pour le moment, obtenu que six mois de répit.

Laure Espieu

 

Publié dans : Articles de presse
Samedi 31 mai 2008 6 31 /05 /Mai /2008 19:55
Compte rendu de la réunion du samedi 31 mai 2008
La réunion a commencé avec une heure de retard, mais 7 SP sont arrivés en tout et la discussion a été calme et fructueuse, tout le monde a pris la parole.
 
La question abordée a été le dépôt collectif de dossiers sur la base de ce qui est demandé à Paris ( cf courriel Ben, photocopie du passeport, 3 bulletins de paye, même anciens le but étant de montrer que SP même si il est au chômage a travaillé, domiciliation à l’ASTI, promesse d’embauche d’un patron + paiement taxe ANAEM).
 
Même sur la base de ces documents minimum des problèmes subsistent : nombreux sont ceux qui travaillent en intérim,  et dans cette structure impossible d’avoir la promesse de paiement de la taxe, etc…
 
Les conditions ont été clairement posées, ce sont des SP déjà connus de la préfecture et des services de police qui peuvent avoir intérêt à entamer cette démarche, pour les autres cela peut signifier un risque supplémentaire (risque qui existe aussi en dehors de cette démarche, mais il faut clairement prévenir).
 
Les SP présents souhaitent une mobilisation pour le dépôt collectif, ils ne sont pas assez nombreux ni assez organisés pour le moment pour une autre forme d’action.
 
Nombreux sont les SP qui travaillent en intérim,  nous nous sommes donc proposer pour une diffusion tôt le matin, vers 7 heures aux abords des boîtes d’intérim du tract appelant à la réunion du 7 juin.
 
Par rapport à la discussion que nous avons eu lundi dernier au CRSP, j’ai senti un décalage.
 
Je pense que nous ne pouvons pas aller plus vite que les travailleurs eux-mêmes.
Cette réunion était un premier pas vers l’organisation des SP eux-mêmes et dans ce sens positif.
Publié dans : Comptes Rendus
Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /Nov /2007 23:46

À l'attention de Stéphanie S.

novembre 2007


Je ne sais pas où commencer mon histoire. Je veux écrire une situation inhumaine dans un monde où le droit de vivre est comme un crime ou presque.


Je suis un sans papier qui vit en France depuis 7 ans et je voudrais vous raconter comme c'est très dur de vivre dans l'indifférence et comme hors la loi, en me disant, j'espère que je ne resterai pas dans l'oubli et qu'il y aura quelqu'un, qui se souviendra de moi, – car on se sent seul vraiment seul - quelqu'un qui comprendra ma souffrance et qui parlera de cela.


Vous savez. C'est très difficile de partir de chez soi en laissant sa famille, ses proches, ses amis, sa terre, sa patrie et tous ses souvenirs - c'est un arrachement très très douloureux – en courant derrière un rêve, - le rêve de venir ici en Occident terre promise, terre de paradis, des droits de l'homme, de justice et de paix, des valeurs humaines qui n'existent pas là d'où je viens - fuyant des misères économiques, sociales et politiques dans l'espoir de vivre dans le respect et la dignité. Mais, comme on dit : Il y a toujours une grande différence entre le rêve et la réalité. Ce qu'on dit et ce qu'on voit, ce n'est pas toujours la même chose.


Dans ces 7 années, je n'ai jamais désespéré. J'étais toujours plein de volonté et d'arrache-pied. Malgré tous les obstacles et toutes les difficultés, je me suis battu et je me bat jusqu'à aujourd'hui. J'ai fait toutes les démarches possibles pour obtenir une carte de séjour. Mais sans espoir, il y a pas d'issue. Il y a pas moyen. Et, on me reproche : Pourquoi vous êtes ici? Restez chez vous! On a trop d'étrangers! Comme si j'avais le choix !!? J'ai supporté l'humiliation, les mots qui blessent, les insultes raciales, ... Tout, mais de tout ! Je ne retournerai pas là bas sans rien. J'ai épuisé toutes les économies de la famille. La honte sur moi ! Pas question ! Plutôt mourir que subir le regard des siens.


Je suis seul devant tout le monde, ici et là-bas. Je dois continuer mon chemin malgré tout et réfléchir à comment s'en sortir.

Entre Restos du cœur, Secours catholiques, Secours populaires, je marchais des jours et des heures pour trouver du travail. J'ai réussi à avoir un boulot dans une boulangerie où j'ai travaillé pendant un an. Quelle chance ! Mais, une grande chance pour moi car, ça m'a permis d'apprendre un métier très demandé sur le marché du travail.


Sachant que je suis sans-papiers : J'ai pas droit de travailler. J'ai pas le droit aux soins. J'ai pas le droit de rester ici, en France. Bref, j'ai le droit à rien. J'ai le droit à une seule chose, l'expulsion.

Vous savez comment je vis, dans la peur tous les jours, vivant en cachette comme des rats, dans la crainte d'être épinglé dans un contrôle de papiers. Dès que je vois un policier ou une patrouille, je me dit : C'est pour moi. Tout ce qui est uniforme me fait trembler. Malgré ça, je n'ai pas respecté le non-droit dans l'Etat de droit. J'ai réussi à avoir un travail, une carte vitale et un appartement. Mais jamais de carte de séjour. Je disais toujours à ma famille que je suis bien, très bien, je suis dans le paradis dont je rêvais toujours. Qu'ils ne s'inquiètent pas pour moi. Et, ils sont très fiers.

Entre temps et pendant ces 7 années, j'ai perdu mon oncle qui était comme un père pour moi. Car, j'ai perdu mon père à l'âge de huit ans. Et puis ma grand-mère. Et le plus dur dans tout ça, la mort de ma mère qui a sacrifié toute sa vie pour nous - Dieu seul sait comme c'est très dur d'élever 6 enfants – alors qu'elle n'avait que 32 ans. Cette mère que j'aime tant, dont je n'ai pas pu assister à son enterrement. Je m'en veux beaucoup. Elle restera gravée dans mon cœur. Je ne l'oublierai jamais.


Je suis venu ici, cherchant une dignité et une liberté que je n'ai pas trouvé chez moi. Je ne demande qu'à vivre tout simplement. Mais, j'aperçois que mon rêve devient cauchemar, mon espoir devient désespoir. Et, en attendant le hasard d'une expulsion, je crie haut et fort : Je veux vivre dans la liberté. Je veux avoir des droits. Je ne suis pas hors la loi.

Car, j'ai le sentiment, pour ne pas dire la certitude, que je suis une maladie comme la peste et qu'il faut éviter la contagion, ou, un déchet que l'humanité à fabriqué dont il faut se débarrasser à tout prix pour éloigner la contamination. Alors que je ne suis qu'un misérable qui finira par dire que mes racines sont là-bas et que mon cœur est ici. Si vous me privez de l'un des deux, je serai mort, je n'existerai pas. Je ne demande qu'un seul droit, le droit de vie, de vivre comme un être humain, tout simplement.


Réda


Publié dans : Prises de paroles

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